Jun 24 2011

Préparations

Avant de commencer : que ceux qui connaissent les détails d’une immigration en Israël m’excusent, mais je désire écrire un texte qui puisse être compris par tout le monde. Je vais donc peut-être donner des détails qui pourront paraître inutiles.

Le terme “Aliyah” (textuellement “une montée”) désigne une immigration faite par un ou par une juive en Israël. Le retour au pays, dira-t-on (appelé, la “loi du retour”). On est alors “Olé khadash” (nouvel immigrant – ou “nouvelle personne montante”), plus souvent désigné par le mot “Olé”.

Nuremberg_laws.png

L’État d’Israël base les droits de la loi du retour sur les lois de Nürenberg. C’est à dire que toute personne considérée comme juive par les nazis, et prône à l’extermination (il suffisait d’un grand parent juif) peut revenir en Israël en tant qu’Olé khadash.

Il faut donc monter un dossier avec l’Agence juive (située à Paris, Marseille, Nice et Lyon pour la France) afin de préparer son Aliyah.

C’est en décembre que nous avons commencé à préparer notre Aliyah. Du fait où nous n’avons plus vingt ans (béh non!), nous avons des meubles, des ordinateurs, des livres, etc. qui devaient venir avec nous. Même les 60 kilos autorisés de bagages par personne n’étaient pas suffisants.

Lorsque nous nous sommes décidés à quitter la France, nous l’avons dit à notre fils, Danni. Nous lui avons dit qu’il avait possibilité de venir avec nous s’il le désirait. Après quelque temps de réflexion, il s’est décidé pour venir en Israël aussi.

Moi, je suis de père juif, donc même si je ne suis pas considéré comme juif par les orthodoxes, c’est suffisant pour l’État d’Israël. Ma femme, étant mariée avec moi a les mêmes droits (qu’elle soit juive ou pas), même chose pour notre fils qui en fait est mon fils adoptif. S’il n’avait pas été mon fils adoptif, étant majeur, il n’aurait pas pu faire son Aliyah.

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Jun 24 2011

La paperasserie commence

Avant de partir, il faut bien entendu avoir apporté les différents papiers. Et ce qui pourrait paraître simple au premier abord, peut devenir compliqué.

Condition sine qua non pour pouvoir faire son Aliyah : prouver son judaïsme en apportant une preuve qu’on est juif (ou en partie juif) en prouvant son propre judaïsme ou celui d’un de ses parents ou d’un de ses grands parents.

Cela peut être une Ketouba (acte de mariage religieux) personnelle ou d’un de ses parents ou bien un certificat de judaïsme. En France, on a eu la chance d’avoir eu Napoléon qui nous a laissé le consistoire qui peut délivrer, entre autres, ces certificats. Donc en obtenant un certificat de judaïsme pour soi-même ou d’un de ses parents ou grands parents, c’est tout bon aussi.

Pour ce qui est de moi, j’avais déjà été en Israël en 1982-1983 en tant que résident temporaire et j’avais toujours mon vieux livret d’Olé et mon numéro de carte d’identité de l’époque, lequel stipulait que j’étais juif. Mais ce n’était pas suffisant. Il me fallait coûte que coûte apporter ou une Kétouba ou un certificat de judaïsme d’un de mes parents ou grands parents.

Je suis “seulement” juif du côté de mon père (mais par contre, beaucoup car la famille compte plusieurs rabbins et un grand rabbin au Maroc). Mais il n’y a pas beaucoup de papiers. La famille venant du Maroc et d’Algérie, certaines choses sont difficiles à avoir.

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Jun 26 2011

L’Aliyah des animaux

Lorsque nous étions chez Pavel, le conseiller, une des premières fois, je lui ai demandé: “- dites-moi Pavel, est-ce que nous pouvons prendre nos animaux de compagnie avec nous lorsque nous allons faire notre aliyah? Bien entendu, je ne compte pas à ce que l’Agence paye le billet du chien et du chat, nous le payerons nous-mêmes, bien sûr.”

La réponse tomba prompte et sans appel: “- non, pas d’animaux pour l’Aliyah, interdits.”.

Ceci nous a mis un sacré coup, car nous tenons à nos bêtes.

Nous nous sommes dit que puisque c’était interdit, cela devait être indiqué quelque part, sur la page de l’Agence, sur celle de l’ambassade d’Israël… Mais non, pas d’interdiction d’emmener les animaux.

Dans l’entre-temps, j’avais appris que mon oncle (enfin, le cousin de mon père) avait fait son Aliyah il y a deux ou trois ans et qu’il habitait en Israël. Je me suis procuré son numéro et je l’ai appelé.

Ho, surprise, il m’annonce qu’il a fait son Aliyah avec un chien et un chat et qu’il n’y avait pas de soucis.

Ha… Cela ne cadrait pas vraiment avec ce que Pavel m’avait annoncé.

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Jul 01 2011

Derniers détails

Le dernier détail important : Les meubles, livres, DVD… bref… tout ce qui compose notre cadre quotidien.

J’avais demandé à Pavel s’il connaissait s’il pouvait proposer des déménageurs spécialisés dans les déménagements France-Israël. Pavel en a nommé deux : Sonigo et FDI. Je lui ai demandé, bien entendu, s’il avait des retours ou pouvait conseiller un des deux : non, il se contentait de citer ces deux noms.

C’est une pratique un peu déroutante que nous avons rencontrée de par les conseillers de l’Agence juive (en tout cas les francophones) que nous avons eu : en fin de compte, ils ne vous conseillent pas vraiment. Ils ne vous conseilleront aucune banque en particulier, aucun déménageur en particulier et ne vous donneront pas de conseil sur les choses auxquelles vous devez être attentif pour faire le choix vous-même en pleine connaissance de cause. En gros, ils se contenteront de vous citer des noms que vous auriez tout aussi bien pu trouver sur le net, et après, débrouillez-vous !

Par contre, bien entendu, aucune explication ne vous sera donnée sur la raison pour laquelle ils ne citent que ces deux déménageurs. Il y en a bien d’autres qui sont spécialisés dans les déménagements France – Israël. Si c’est par souci de neutralité, dans ce cas, mieux vaudrait-il donner à l’Olé toute une liste de déménageurs spécialisés dans les déménagements à l’étranger en ordre alphabétique et non seulement deux noms.

Si on se contente de deux noms, on peut tout aussi bien également dire son opinion ou les retours que l’on a de ceux qui les ont essayés. Bon, c’est mon avis en tout cas.

J’ai donc retéléphoné à Elliot (le cousin de mon père qui habite Israël) d’une part, car je voulais son avis et d’autre part aussi, une idée du prix.

L’avis d’Elliot était sans appel: prends Sonigo. Ne prends surtout pas FDI. Le départ de France s’était relativement bien passé, mais l’équipe israélienne avait cassé pas mal de choses et bien entendu, l’assurance n’avait pas marché ou je ne sais quoi. En gros, une petite catastrophe.

En parlant, beaucoup plus tard, sur Facebook de notre déménagement, un ami Facebook m’a demandé:

– Tu as pris qui comme déménageur ?
– Sonigo.
– C’est bien, bonne idée. Nous, on a pris l’autre et une bonne partie de notre mobilier a été salement amochée en Israël.

Bon, j’ai donc pris Sonigo.

Alors, il est vrai qu’à l’heure où j’écris, nos meubles sont toujours en route pour Haifa. Ils sont en container, dans le bateau et devraient arriver d’ici une petite quinzaine. Donc peut-être ne me faut-il pas crier victoire trop vite, attendons pour la suite. Je dois admettre que Sonigo m’a donné l’impression que, bien entendu, tout va bien se passer et je n’ai aucune raison de croire autre chose.

Deuxième question que j’ai posée à Elliot :

– Et le prix ? Combien as-tu payé pour tes meubles ?
– Ho, je ne m’en souviens plus exactement… 7 ou 8000 euros.
– … … … …
– Allo ? Cyril ? T’es là ?
– 8000 euros ? Ouch !
– Oui, mais j’avais un peu plus de 80 m3 quand même !

Haaa… Alors, ça changeait la donne. Nous avions une maison de famille “standard”, et on a fait le calcul : bon, famille standard, c’est 30m3. Nous, nous ne sommes que deux, des livres et des meubles qui se démontent et tout… comptons 20 m3, soit un quart de ça, 2 000 euros… peut-être 2 500?

Nous lançons la démarche et quelques jours plus tard un déménageur de l’entreprise Alizés, de Nantes est venu évaluer le volume.

Alors, ça se passe comme ça :

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Jul 04 2011

On n’a plus 20 ans

Safari.pngFin mai arrive la première mauvaise surprise : Ma tante Mireille laisse un message surprenant sur notre répondeur qui en gros dit: “Dans quinze jours, nous serons trop stressés pour vous recevoir, trouvez ailleurs où passer vos dernières nuits en France.”

Qu’à cela ne tienne, j’ai un oncle et une tante au Havre. Ma tante habite dans un tout petit studio, donc pas possible, mais mon oncle, divorcé de frais a beaucoup de place et nous avait même invité à plusieurs reprises, car il fallait absolument qu’on se voit avant que nous partions pour Israël. Logiquement, nous aurions dû aller les voir fin mai, mais donc cela pouvait se faire du 12 au 15 juin, donc pas de soucis. Seul truc était que nous risquions de devoir partir tôt du Havre le 15 pour arriver à l’aéroport, mais ce n’était pas une catastrophe.

Christian, mon oncle, était d’accord, c’est donc l’âme en paix que nous avons commencé à faire nos cartons.

Bon, il faut savoir que Britt et moi, cela fait 14 ans que nous sommes ensemble, et nous avons déménagé 9 fois (en comptant le déménagement de Dénezé – Israël), dont un déménagement Danemark – France. Alors soit, nous sommes rôdé, mais cela commence à bien faire quand même.

Heureusement que cette fois, c’est l’une des dernières.

Me voici donc en train de reprendre les cartons, le scotch et nous commençons à faire les cartons.IMG_0061.jpg

Là, je me rends compte que, malheureusement, certains de nos cartons ont vécu leur vie et ne supportent plus rien, en gros, ils sont bons à mettre à la poubelle.

Et lors de la semaine où nous devions faire le gros de l’affaire, plusieurs choses se passent qui nous font perdre des journées entières : Repartir à Castorama pour racheter scotch, cartons et tout le toutim à Angers (une heure de route au moins chaque sens), voici une journée de cramée.

Des amis qui sont venus du Danemark exprès pour passer deux jours avec nous avant notre départ, une amie d’enfance de Britt… Voici trois jours qui disparaissent. Tout d’un coup, Pavel me demande une copie française certifiée conforme à l’originale de l’acte d’adoption de Danni, me voilà à trouver un interprète assermenté, récupérer les papiers, les scanner, les envoyer, puis il faut aller à la mairie pour les faire tamponner et signer…

En perdant deux heures par ci, deux heures par là, petit à petit nous sommes passés de “pas de soucis, on a plein de temps” à “ça commence à être juste” et à “là, même avec les bouchées doubles, ça risque de ne pas le faire“.

C’est un petit peu comme si chaque fois que nous devions nous concentrer sur l’emballage, arrivait un truc qui nous détournait de notre but. Assez frustrant.

De plus, nous n’étions que nous deux à faire les boîtes, démonter les meubles et tout et tout et nous nous sommes vite rendu compte que nous ne travaillions plus à la même vitesse qu’il y encore quelques années.

De plus les autres années, nous avons pu faire les déménagements en plusieurs fois, faire des boîtes, les emmener dans la nouvelle demeure puis revenir (éventuellement avec des boîtes vides), donc on déménageait et emménageait d’un coup.

Plus possible. Là, il fallait que tout soit prêt pour le 9 juin au matin. Les déménageurs ne nous avaient pas donné d’horaire, il nous avaient seulement dit “le matin” et nous nous imaginions bien que ce n’était pas à 10 ou 11 heures qu’ils allaient arriver, mais plutôt 8 ou 9 heures… peut-être même 7?

Nous étions très très justes et nous marchions au Red Bull.

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Jul 04 2011

Bye-Bye Dénezé

Le week-end a passé assez vite.

Danni était passé en coup de vent pour refermer quelques un des trous dans le mur et mettre un peu de peinture ci et là (comme aucun de nous ne fume, les murs étaient pour ainsi dire aussi blancs lorsque nous avons quitté la maison que lorsque nous en avons pris possession deux ans auparavant.

L’employée de Shiva est venue le vendredi. Elle n’a pas pu tout faire, mais a abattu une bonne partie de la tâche.

Moi, je faisais des tours-retours à la déchetterie puis le reste du temps, et le samedi, nous avons nettoyé ce qui manquait.

Dimanche, il ne nous restait plus qu’à mettre les animaux en cage de transport et dans la voiture, mettre les bagages que nous devions prendre avec nous dans l’avion dans la voiture, faire l’état des lieux avec le propriétaire (à 14 h) et après celui-ci, passer par Tours pour aller chercher Danni et direction le Havre.

Dans l’entre-temps, nous étions dimanche 12 juin et je n’avais reçu aucune information de l’Agence Juive pour ce qui était de notre heure de départ. Nous n’avions pas reçu de tickets non plus, mais je ne m’en inquiétais pas, vu que de toute façon, ils avaient nos passeports et ils devaient nous les rendre à l’aéroport. C’était un tapis rouge, donc nous serions un grand groupe et nous voyagions sûrement sur un ticket de groupe ou truc comme ça.

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Jul 04 2011

Boum !

Après une agréable soirée dimanche soir chez mon oncle Christian, je vais récupérer mes courriels lundi matin pour voir s’il y a une réponse de Pavel ou de Nellie quant à l’heure précise de notre départ.

Il y a, en effet, une réponse de Nellie. Celle-ci dit :

Cyril bonjour,

Votre dossier n’est pas encore accorde par nos services.

Des que nous aurons des precisions nous vous les transmettrons.

Pour tout complement d’information, n’hesitez pas a prendre contact avec votre delegue Pavel Gourevitz : 01 ** ** ** **.

Shavoua Tov

Nellie

Comment ça, le dossier n’est “pas encore accordé”…?

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Jul 04 2011

Paris – nous voici

IMG_0224id.jpgVendredi matin, en route pour Paris. J’avais réservé un hôtel près de l’aéroport. Il nous suffisait donc d’aller chercher billets et passeports à l’Agence Juive.

Nous avions tellement peur de ne pas arriver à temps, que nous sommes partis à 6h30 du matin pour faire Le Havre – Paris. Bon je sais… 6 heures pour faire 230 kilomètres, c’est un peu exagéré, mais nous ne voulions prendre au-cun risque !

Nous sommes donc arrivés au bureau de l’Agence vers 9 heures et Pavel était au téléphone.

En nous voyant arriver, il nous fait signe et branche le haut-parleur: C’est Ketty, la directrice du projet de l’alyah pour les francophones à Haifa.

– On parle de vous, me dit Pavel.
– Ben oui, nous dit le haut parleur, comme vous ne veniez pas, j’ai donné votre appartement à un autre. Il aurait fallu me prévenir que vous n’arriviez que dimanche.
– Ha ? Donc, on part dimanche ?
– Oui, vous partez dimanche, nous dit Pavel.
– Maintenant, comment voulez-vous que je vous prévienne de notre arrivée alors que je ne le sais pas ?
– Oui, mais vous comprenez, dans ce cas, moi, je donne votre appartement à quelqu’un d’autre, surtout quand je n’ai pas de vos nouvelles.
– Mais je vous ai écrit !
– Oui, que vous ne veniez pas avec le tapis rouge (c’est vrai, c’est ce qu’il y avait dans le courriel en plus d’une demande d’aide et de voir ce qui pouvait être fait) et après vous ne m’avez plus rien dit, alors, bien sûr…
– Mais nous ne savions rien ! Nous étions, et nous sommes, toujours à la rue ! Nous sommes une famille avec un chien et un chat et nous allons d’hôtel en hôtel !
– Bon, je vous recontacte, nous n’allons pas vous laisser dehors, ne vous inquiétez pas.

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Jul 13 2011

Bonjour Israël

Le 19 juin, en route pour Paris Charles de Gaulle.

Chose amusante, il s’est avéré que Laurent-Simon Goldenberg et son épouse étaient dans le même avion que nous. Nous n’avons pu parler que très peu, mais un couple tout à fait charmant.

Tikva à l'aéroport Charles de Gaulle

À partir de là, les choses se sont passées plus vite.Il nous a fallu payer un supplément pour Tikva et Frostie, en tout 168 euros. Le chat dans sa boîte est venu avec nous comme bagage à main et Tikva a voyagé dans la soute.

El-Al n’avait, bien entendu, pas été averti de l’arrivée de nos animaux, mais ils ont fait preuve de grand professionnalisme et pas de soucis. L’hôtesse a averti l’avion et ils ont mis le chauffage et la lumière dans la soute pour Tikva.

Le contrôle de sécurité est assez sévère et nous y sommes tous passés (Tikva et Frostie inclus).

Nous avons, bien entendu, décollé de Roissy avec la demi-heure ou 45 minutes de retard prévues (c’est toujours comme ça au départ de Charles de Gaulle, ils ne peuvent pas gérer tous ces avions qui doivent donc faire la queue avant d’avoir l’autorisation de décoller.

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Jul 13 2011

Shikmona

Avant que je puisse avoir ma carte d’identité, il me fallait me procurer un extrait de casier judiciaire. Cela aurait été bien pratique si ça avait été arrangé en France mais bon…

Bizarrement, je n’ai toujours pas compris pourquoi, Britt avait besoin de mon extrait de casier judiciaire afin de pouvoir obtenir sa carte d’identité.

Il va sans dire que nous n’avions, bien entendu, aucun de ces papiers avec nous. Ceux-ci était dans le container et se trouvait quelque part entre Le Havre et Haifa.

Heureusement, j’ai scanné la plupart de nos papiers, le seul truc qui nous manquait était une imprimante. L’administration n’acceptait pas un scan.

Nos imprimantes (une noir et blanc, l’autre couleur, toutes deux au laser) était dans le container et se trouvaient… Hum… Je vous l’ai déjà dit, ça, non?

Nous nous sommes dit que nous irions dans un magasin de photos voir s’ils pouvaient imprimer depuis une clef USB. 
Notre situation était la suivante:

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