Jun 24 2011

La paperasserie commence

Avant de partir, il faut bien entendu avoir apporté les différents papiers. Et ce qui pourrait paraître simple au premier abord, peut devenir compliqué.

Condition sine qua non pour pouvoir faire son Aliyah : prouver son judaïsme en apportant une preuve qu’on est juif (ou en partie juif) en prouvant son propre judaïsme ou celui d’un de ses parents ou d’un de ses grands parents.

Cela peut être une Ketouba (acte de mariage religieux) personnelle ou d’un de ses parents ou bien un certificat de judaïsme. En France, on a eu la chance d’avoir eu Napoléon qui nous a laissé le consistoire qui peut délivrer, entre autres, ces certificats. Donc en obtenant un certificat de judaïsme pour soi-même ou d’un de ses parents ou grands parents, c’est tout bon aussi.

Pour ce qui est de moi, j’avais déjà été en Israël en 1982-1983 en tant que résident temporaire et j’avais toujours mon vieux livret d’Olé et mon numéro de carte d’identité de l’époque, lequel stipulait que j’étais juif. Mais ce n’était pas suffisant. Il me fallait coûte que coûte apporter ou une Kétouba ou un certificat de judaïsme d’un de mes parents ou grands parents.

Je suis “seulement” juif du côté de mon père (mais par contre, beaucoup car la famille compte plusieurs rabbins et un grand rabbin au Maroc). Mais il n’y a pas beaucoup de papiers. La famille venant du Maroc et d’Algérie, certaines choses sont difficiles à avoir.


Mon arrière grand père paternel - Jacob Malka

Mon père avait une Kétouba de son second mariage (après celui de ma mère). Le seul hic était que mon père et moi sommes en froid depuis 1995. Bien que le fait de m’envoyer un papier officiel n’avait rien à voir avec les histoires entre nous, la réponse était celle attendue et claire et nette : Hors de question qu’il me donne quoi que ce soit.

Plus haut ? Impossible : Mon grand-père paternel est mort en 1985 et ma grand-mère paternelle est morte en 1968. Donc, mon aliyah risquait de tourner court. Si moi, je ne pouvais pas partir, ni Britt (ma femme) ou Danni ne pouvaient partir non plus…

Recontact avec Pavel pour voir ce qui pouvait être fait et avec le rabbin Assous du consistoire:

“- Ben dans ce cas, demande son livret de famille, et tu pourras avoir un certificat de judaïsme de ton père”

“- Oui, mais non… Mon père ne veut absolument rien donner. Il ne veut pas donner une copie de sa Kétouba, alors ce n’est pas pour donner son livret de famille”

“- Mais pourquoi il veut pas donner ? C’est péché d’empêcher un juif de retourner en Israël!”

“- Ha… Ça… C’est possible ! Mais je pense qu’il s’en fiche comme de sa première Pampers”

Il fallait donc trouver une autre solution. Et Pavel l’a trouvé après concertation avec le rabbin Assous:

Si je pouvais me procurer la Kétouba d’un de mes oncles, le livret de famille de mon grand-père et l’acte de naissance de mon père, le rabbin Assous pouvait alors faire un certificat de judaïsme.

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Par chance, j’ai une copie du livret de famille de mon grand-père paternel. Elle était enfouie, je ne sais plus où, et Britt l’a retrouvée.

J’ai écrit à Nantes afin de me procurer l’acte de naissance de mon père ainsi qu’un acte de mariage de mon grand-père paternel pour faire bonne mesure. Nantes, car mon père est né à Boghari (c’est fait en deux clics de souris au travers d’internet et c’est gratuit).

Puis j’ai contacté mon oncle Roland (le frère de mon père) et sa femme, Mireille, qui m’ont prêté leur Ketouba originale (bon, j’en ai fait un scan pour le cas où! On ne sait jamais) et en route pour le consistoire.

J’habitais Dénezé à l’époque, dans le Maine et Loire et mon oncle habite dans le 93. Donc j’ai été obligé de faire quelques allées et retours Dénezé – Paris, mais cela s’est fait facilement.

Pour ce qui est de moi, il me fallait aussi prouver que j’avais habité hors d’Israël pendant toutes ces années (1983 – 2011) et puis bien entendu, le passeport.

Pour Britt, il lui a suffi de produire un extrait d’acte de naissance, un acte de mariage et une pièce d’identité.

Pour Danni, un acte de naissance (dans lequel je suis inscrit comme le père) et un acte d’adoption.

Une fois ces papiers réunis, il nous restait à prendre soin du déménagement et des animaux. Nous avions deux chiennes, Tikva et B’Elanna (Eurasiers, toutes les deux) et un chat siamois, Frostie.

Nous ne pouvions prendre qu’une chienne avec nous. Nous ne pouvions tout simplement pas gérer les deux chiennes et le chat.

Mais le plus dur était fait… Enfin… C’est ce que nous croyions !

Lisez la suite en cliquant ici: L’aliyah des animaux

1 Comment

  • By Henrik Blunck, 07/07/2011 @ 15:19

    L’acte de ton père de nier les papiers est horrible. C’est tout à fait insolent de ne pas vouloir aider son fils – et je ne luis comprends vraiment pas. Au contraire, c’est magnifique les oncles/frères sont prêt à aider.

    Je suis heureux pour vous que tout a fini par le bon retour pour le pays de vos rèves. 🙂

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