Jul 04 2011

Boum !

Après une agréable soirée dimanche soir chez mon oncle Christian, je vais récupérer mes courriels lundi matin pour voir s’il y a une réponse de Pavel ou de Nellie quant à l’heure précise de notre départ.

Il y a, en effet, une réponse de Nellie. Celle-ci dit :

Cyril bonjour,

Votre dossier n’est pas encore accorde par nos services.

Des que nous aurons des precisions nous vous les transmettrons.

Pour tout complement d’information, n’hesitez pas a prendre contact avec votre delegue Pavel Gourevitz : 01 ** ** ** **.

Shavoua Tov

Nellie

Comment ça, le dossier n’est “pas encore accordé”…?

Je saute sur le téléphone et appelle Pavel, et là se place une des communications téléphoniques les plus surréalistes que je n’ai jamais eue :

– Allô, Pavel?
– Haaaa, bonjour Cyril, comment ça va ? me répond Pavel d’un ton enjoué.
– Comment ça va ? Ben ça pourrait aller beaucoup mieux ! Comment se fait-il que notre dossier ne soit pas revenu de vos services pour notre alyah du 15 juin.
– Non, non, tu ne pars pas le 15 juin, tu pars le 15 juillet.
– 15 juillet ? Pavel, depuis décembre 2010, décembre 2010 ! nous travaillons sur le tapis rouge du 15 juin !
– Non, non, tu n’es pas sur la liste du 15 juin. Je sais bien que tu ne peux pas, je l’ai sous les yeux et tu n’es pas dessus. Tu ne peux partir le 15 juin. Le 15 juin c’est dans deux jours!
– Mais je SAIS que c’est dans deux jours !
– Hé oui, et je vois bien tu n’es pas sur la liste, ton alyah c’est pour le 15 juil…
– Le 15 JUIN Pavel! JUIN! C’est écrit partout, sur le dossier, sur le portal internet, le 15 JUIN. Nous, on a résilié notre bail, nos meubles sont partis, nous sommes à la rue, Pavel!
– Bon… heu… attends… euh, ce n’est pas de ma faute. C’est pas ma faute… Attends… je te rappelle.

Du fait où je connais bien ses “je te rappelle”, j’insiste :

– Tu me rappelles ? Tu me rappelles quand, Pavel ?
– Plus tard.
– Oui, j’ai bien compris ça, mais ça ne me suffit pas comme réponse. Quand me rappelles-tu, exactement ?
– Dans une heure.

Je note mentalement l’heure qu’il est en me promettant de le rappeler dans une heure précisément s’il ne me rappelle pas ou si rien d’autre ne se passe.

Lorsque je donne la nouvelle à mon oncle Christian, la réaction vient sans attendre :

– Je ne peux pas vous garder un mois ici.
– Attends, il n’est pas question d’un mois, il va y avoir possibilité de nous faire partir, sans le tapis rouge, avant.
– Oui, non, je ne peux pas. Parce que j’ai des choses à faire et (puis je ne me rappelle plus, pour être honnête, les raisons m’importent peu, il me fallait trouver une solution et je préférais me concentrer sur les possibilités plutôt que du pourquoi du comment de l’affaire.)
– Ne t’inquiète pas, nous serons partis d’ici le 15 juin comme prévu.

Je fais part de la situation sur ma page FaceBook et là mon mur explose.Safari.png

Certaines personnes, comme Laurent-Simon Goldenberg ou Sylvie Rafael m’ont donné des adresses où nous pouvions trouver hébergement, Laurent nous a même proposé d’aller chez lui à Paris si les choses devenaient trop critiques. Sylvie a parlé de nous à certains de ses contacts qui avaient une grande liste de diffusion sur laquelle il pouvait demander de l’aide plus une ou deux adresses à qui m’adresser.

Simon a contacté une avocate pour lui demander conseil et m’a proposé de contacter le directeur de l’Agence en me donnant les informations nécessaires.

Michèle Debieuvre, Annie Lilensten Soyer, Guitl Pitchipoï et bien d’autres étaient à l’écoute et prodiguaient de bons conseils et surtout un très gros support moral.

Tout d’un coup, ces personnes avec qui nous échangions des idées ou des avis sur DSK ou le lait de chèvre dans le café ou pas se sont matérialisées  subitement et sont devenues plus vivantes que jamais. Sans ces supports et sans toutes ses idées et ces gentillesses, ces choses auraient pris une autre tournure et surtout auraient été bien plus difficiles.

J’en profite encore une fois pour remercier toutes ces personnes. Aussi celles que je n’ai pas cité et qui ont eu ces petits mots gentils qui ont été une aide précieuse.

Donc je me suis remis au courriel:

– D’abord j’ai écrit à Sonigo, le déménageur en lui contant nos malheurs. Je me suis dis que puisqu’il était au courant de tous les tapis rouges, et avait une longue expérience, peut-être pouvait-il avoir une influence. De plus, il m’avait donné l’impression de bien connaître et les gens de l’Agence et à Haifa, etc. Pensez… 35 ans dans le métier, il en avait déménagé des Olés !

– J’ai écrit à Ketty, celle qui avait réservé notre appartement et qui s’occupe de l’intégration des francophones à Haïfa.

– J’ai écrit un courriel à Oren Toledano, le directeur de l’Agence en France et juste après l’envoi du courriel, j’ai essayé de lui téléphoner.

Je n’ai pas pu le joindre, mais j’ai parlé à quelqu’un d’autre qui a bien vu que la date de l’alyah correspondait bien au 15 juin et que nous avions été zappés. Il a promis d’en parler à son boss et de me recontacter.

Ensuite, il ne nous restait plus qu’à attendre.

Nous sommes allés chez ma tante qui habite ce petit studio et pendant que je n’entendais pas elle a murmuré à Britt, que bien entendu, si nous ne trouvions pas de solution, nous pouvions rester chez elle. Ce serait serré, bien sûr, mais pas impossible.

Dès le courant de l’après-midi, les nouvelles ont commencé à tomber.

Quelqu’un de l’Agence m’a appelé sur mon portable depuis Jérusalem. Le problème était le suivant:

Je suis déjà allé en Israël sur un visa A1 (résident temporaire), donc il fallait qu’une commission décide si j’avais les droits d’Olé ou pas. C’est une décision du ministère de l’Intérieur (je crois) et c’est donc pour cela que j’avais, en janvier 2011, donné tout un paquet de documents à Pavel prouvant que j’avais habité hors d’Israël depuis 1983.

Apparemment, cette décision était prise le 15 juin. Le temps que la décision soit donnée à l’Agence, il fallait compter environ deux jours. Ensuite, si la décision était positive, 2 ou 3 ou 4 jours pour faire les visas et réserver les billets d’avion. Donc en gros, une petite semaine de retard.

IMG_0099.JPGC’était ennuyeux, car nous n’avions pas prévu cela et une semaine supplémentaire à l’hôtel, manger dehors et tout pour une famille de 3 et de 2 animaux, ce n’était pas vraiment le top et nous grignotions de cette façon l’argent que nous avions mis de côté pour Israël et (surtout) pour le déménageur.

Mon oncle me rappelait régulièrement qu’il ne pouvait pas nous héberger plus longtemps que prévu et je lui répétais tout aussi régulièrement que j’avais parfaitement compris et que nous serions sortis le 15 comme prévu.

J’ai trouvé un hôtel pas trop cher au Havre et vu que mon oncle m’a indiqué gentiment qu’il n’avait pas prévu de déjeuner le 15, nous sommes sortis avant midi.

Comme il était un peu tôt pour entrer à l’hôtel, nous sommes allés déjeuner dans un petit restaurant super sympa aux Docks au Havre.

Nous en étions toujours à l’apéritif lorsque mon portable a sonné :

– Bonjour, c’est Pavel. Votre alyah est acceptée, vous partez dimanche ou lundi, cela dépend des places libres de El Al. Vous avez les visas, venez chercher vos passeports et visas vendredi avant midi, vous saurez alors plus précisément si vous partez dimanche ou lundi. Il vous faudra prendre tous les papiers de votre dossier avec vous.

Inutile de dire que nous étions heureux comme des poux sur la tête d’un clochard, n’est-ce pas?

Lisez le reste en cliquant ici: Paris – nous voici !

1 Comment

  • By Henrik Blunck, 07/07/2011 @ 16:13

    C’est vrai que nous avons tous mis des prières pour votre succès. Facebook était notre lien de communication lors d’une période très difficile et c’était très passionant de suivre vos préparations. 🙂

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